9 janvier 2026

Lycée César Baggio

DES SCIENCES DE L'INGÉNIEUR

Témoignage de Clément J. (ENS Paris-Saclay)

Aujourd’hui étudiant au département Sciences de l’Ingénieur de l’ENS Paris-Saclay, je regarde avec un certain recul et un sourire aux lèvres mes deux années passées au lycée César Baggio à Lille. Si l’on me demandait de résumer mon passage en PTSI puis en PT*, je dirais que ce fut une aventure faite de défis épuisants mais aussi d’une humanité rare.

Avant ça, j’étais dans un petit lycée de campagne, mais j’ai toujours été curieux et assidu en cours : deux qualités, à mon sens, nécessaires si l’on souhaite se lancer dans de longues études après le bac. Puisque mon père et ma sœur avaient déjà fait une prépa PT par le passé (ma sœur était ici même à Baggio) et que j’étais très bon dans plus ou moins toutes les matières, c’est donc assez naturellement que l’on a commencé à m’orienter dans cette direction. En découvrant que je pouvais suivre une formation assez généraliste et théorique pour continuer à développer mes connaissances scientifiques, je n’ai pas vraiment hésité. C’est ainsi qu’en suivant les pas de ma sœur, je me suis retrouvé en PTSI à Baggio.

On ne va pas se mentir : la prépa est un choc. En entrant en PTSI, j’ai rapidement découvert ce qu’être en prépa signifiait. Le rythme est soutenu, les cours s’enchaînent et les nouvelles notions scientifiques tombent à une vitesse impressionnante. Il y a eu ces moments de fatigue profonde, où le manque de sommeil se faisait sentir et où j’avais l’impression que mon cerveau saturait face à la complexité des cours et au maintien de cette rigueur sur deux années consécutives. C’est une période qui demande une résilience constante, car la barre est placée haute, très haute, et pendant longtemps : un travail régulier et intensif est nécessaire.

Pourtant, si cette période a été surmontable et même enrichissante, c’est non seulement grâce à toutes les connaissances que j’ai pu acquérir, mais également grâce à ce qui se passait à l’intérieur des murs de la classe. À Baggio, j’ai eu la chance d’évoluer dans des classes à taille humaine et avec des professeurs bienveillants. C’est ce format précis qui a tout changé :

Loin de l’image de la compétition entre élèves, nous étions une équipe. La petite taille du groupe (surtout en PT*, mais également en PTSI) a facilité une entraide naturelle. On ne travaillait pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. J’y ai rencontré des personnes incroyables. Mes camarades sont devenus mes amis : nous avons partagé les cours, les DS, les DM, les khôlles, les deux semaines de concours, mais surtout les fous rires. Nos professeurs ne se contentaient pas de transmettre un savoir. Grâce à la proximité permise par l’effectif, ils nous connaissaient vraiment, savaient nous booster quand la motivation flanchait et nous accompagner vers l’excellence avec une bienveillance réelle. Ils sont et resteront parmi les meilleurs professeurs que j’ai eu la chance d’avoir au cours de ma scolarité.

Sans cette ambiance de travail quasi « familiale », je ne sais pas si j’aurais abordé les concours avec la même sérénité. En effet, l’avantage d’une admission sur concours est que chacun voit sa réussite où et comme il l’entend. La prépa à Baggio n’est peut-être pas la meilleure au classement de L’Étudiant, mais elle m’a appris que la réussite n’était pas à celui qui avait la meilleure finalité, mais à celui qui a su s’enrichir de son parcours. Même si l’école obtenue avait été en deçà de mes attentes, j’aurais tout de même gardé énormément de positif de mon passage à Baggio, et c’est pour moi le plus important.

J’avais le profil après bac pour aller dans une grande prépa parisienne, mais je connaissais déjà par ma sœur l’humanité des professeurs de Baggio et l’accompagnement que l’on recevait là-bas: ce qui  a au final été le facteur décisionnel. Je suis aujourd’hui ravi de mon école et je quitte Lille avec un bagage technique solide pour l’ENS, mais j’emporte surtout le souvenir d’une aventure unique qui m’a construit en tant que futur normalien, mais surtout en tant qu’humain.